Le site de l'Espace Culturel Leclerc & Galerie d'art de Gap

MOYA fait son Cirque



Exposition de toiles monumentales dans la Galerie d'art de l'espace culturel Leclerc du 10 aout au 5 septembre 2015


MOYA ET LE CIRQUE

« L’art est un spectacle », aime à dire Patrick Moya.
Depuis longtemps, Moya s'intéresse au cirque - comme avant lui Calder ou Chagall, Matisse ou Léger - rêvant d'une vie d'artiste itinérant qui transporterait de ville en ville l'ensemble de son oeuvre pour l'exposer dans un chapiteau sous les applaudissements d'un public conquis. 

Au début des années 90, à l'Institut français de Thessalonique en Grèce, une première exposition intitulée « Moya Circus », présentait plusieurs oeuvres sur ce thème, dont un petit cirque composé d'animaux en fil de fer réalisés uniquement avec les lettres de son nom.
En 2002, année mondiale du cirque, il conçut une exposition itinérante qui voyagea en Italie (Bari, Bologne, Avellino) à la demande de l'Alliance Française.
Cela ne surprendra personne que la princesse Stéphanie ait demandé à Moya d'exposer chaque hiver depuis 2007, dans le cadre du festival mondial du cirque de Monte-Carlo, des toiles monumentales, où l'on retrouve tout l'univers Moya méditerranéen, ludique et réjouissant, Dolly, la brebis rose qui tire la langue et l'âne accompagnant Pinochio, l'ourson et l'éléphant … Tout un bestiaire presque humain qui se tient debout en regardant le spectateur.
Sans oublier son petit « moya » omniprésent, autoportrait décalé de l'artiste, grimé pour l'occasion en acrobate ou en M. Loyal, en clown ou en jongleur, auquel s'ajoutent une armée d'éléphants savants, clin d'oeil malicieux à l'animal préféré de la Princesse !
Depuis lors, chaque année, le Moya Circus s'installe à Monaco, dans le tunnel d'entrée du Chapiteau, pour présenter une nouvelle série de toiles sur des thèmes variés. C'est ainsi que, après « Moya dompteur et acrobate », suivront « Un beau cirque dessiné par Moya » (2008), « Les éléphants de cirque de Moya » (2009), « La grande famille du cirque » (2010), « Un univers bleu Moya » (2011), « Moya tous publics » (2012), « Le cirque de Moya en tournée » (2013), « Les aventures de Baby et Népal » en 2014, « Moya en gros plans » en 2015.
En 2011, Moya signait l'affiche du Jubilé (35ème festival international du Cirque), et également celle du 38ème Festival en 2014,  avec un tigre  au regard majestueux.

Mais le « Moya Circus » ne reste pas à Monaco. En novembre 2009, il prenait la route de Metz pour trois mois d'exposition de grandes peintures et sculptures sur ce thème à la Shimoni gallery. 
En février 2013, il s'installait à St Raphael, pour une rétrospective des toiles monumentales réalisées pour Monaco, dont celle qui a servi pour l'affiche du Jubilé, devenue « historique ». En mai 2015,  le Moya Circus reprenait la route pour Caserta, dans le sud de l’ÿ¯.8” pour une nouvelle exposition au Musée de la Ville. Et en ce mois d’août 2015, le voila à Gap !


Comme le conclue dans une belle pirouette l'artiste : « après avoir jonglé avec tous les supports, dompté tous les matériaux, avoir fait le grand écart entre les musées et les salles des fêtes, durant les 40 ans de tournée du cirque de Moya, il n'est plus temps de faire de la haute voltige. Il est plus agréable de jouer le rôle du clown …  Bien sûr l'Auguste plutôt que le clown blanc. » 



Site officiel : www.moyapatrick.com
Wikipedia : fr.wikipedia.org/wiki/Patrick_Moya

Biographie de PATRICK MOYA 2015

Plasticien, performer et artiste numérique, Patrick Moya est un artiste méditerranéen qui fait un art où « l’humain affirme sa présence sans culpabilité ».

Né en 1955 à Troyes de parents d'origine espagnole, Patrick MOYA a fait ses études à la Villa Arson (école de beaux-arts) de Nice avant de poser nu comme modèle aux Beaux-Arts durant dix ans dans le but de « devenir la créature à la place du créateur ».

Car il a lu Macluhan et s'interroge avec lui sur les changements apportés à l'histoire de l'art par les nouveaux médias : « avec les médias d'ubiquité, comme le direct à la télévision, le créateur n'a plus le temps de raconter l'histoire de l'art ; il doit, pour exister, devenir créature ».
Après ce long épisode où il joue le rôle de Narcisse se mirant dans le regard des autres, il commence véritablement son œuvre en travaillant sur les lettres de son nom, MOYA, assimilant l’œuvre à sa signature durant sa période Néo-lettriste, avant de s'inventer (en 1996) un alter ego, son petit moya, autoportrait caricatural qui lui permet dès lors d'exister dans son œuvre.

En 1998, il entre à la galerie Ferrero, célèbre pour défendre les artistes de l'Ecole de Nice (Arman, César, Ben…). Son œuvre devient prolifique, un univers personnel se dessine peu à peu, un bestiaire presque humain, réjouissant de drôlerie et de poésie, qui se tient debout en regardant le spectateur.
En 1999, apparaît la Dolly, une brebis malicieuse qui deviendra l'identité visuelle des soirées techno Dolly Party et va enrichir son univers.

En juin 2007, il termine, après quatre ans de travail, la fresque murale d'une chapelle qui porte désormais son nom à Clans (petit village du haut pays niçois).

Longtemps fasciné par l'Asie, où il a beaucoup exposé, il a aujourd'hui en Corée quasiment un Musée à sa gloire (une exposition permanente dans le Radium art center) !

Entre-temps, Moya sera devenu également un artiste numérique, voire post-numérique. Car refusant de se limiter, Moya veut être partout, toucher à tout : dès 1985, il utilise un ordinateur Thomson MO5 pour écrire son nom, et bientôt, réalise des images puis des films en 3D, dans lesquels il réinvente son univers.
En février 2007, il s'installe dans Second Life (SL) : sur l’île virtuelle qu’il possède dans ce web en 3D, le créateur est enfin devenu une créature qui vit dans son oeuvre sous le nom de son avatar, Moya Janus, et reçoit ses visiteurs en les immergeant dans son univers.
Conçue comme une oeuvre d'art globale, cette île est l’aboutissement d’une démarche invasive devenue immersive. Aujourd'hui reconnu aussi comme un artiste numérique, il participa à la « Renaissance virtuelle » : c'était le titre de la première grande exposition des artistes de SL, qui eut lieu en 2009 dans le musée d’anthropologie de la ville de la Renaissance italienne, Florence, où une salle entière était consacrée à la « Civilisation Moya ».

En 2011, une nouvelle Civilisation Moya voyait le jour sur les murs du centre d'art La Malmaison de Cannes : une fresque- installation de 90 mètres de long par 4 mètres de haut qui racontait son parcours artistique. Cette exposition, reproduite à l'identique dans Second Life, permettait au visiteur de rencontrer l'avatar de l'artiste et de parcourir en sa compagnie son univers virtuel.

Grâce à son travail en arborescence, Moya est à la fois classique et baroque, abstrait et figuratif, amoureux des spectacles populaires comme le cirque ou le carnaval aussi bien que l'objet d'un catalogue raisonné très sérieux retraçant 40 ans de création.
Tout en poursuivant son aventure artistique dans des galeries en Corée, Bruxelles, Marseille, Luxembourg, Fontainebleau, Cape Cod (USA) … avec des "live paintings" dans des foires d'art en Italie (Padoue, Gênes) ou en Allemagne (Cologne), avec des performances-installations à Metz, Cerveira (Portugal), Utrecht, Malte ou Caserta … Aussi bien que dans son Moya Land virtuel et pourtant bien réel.

En mai 2015, une nouvelle biographie réactualisée de l'artiste, « Le cas Moya » (éditions Baie des Anges) permet de mesurer la cohérence de son travail, en en suivant les différentes étapes : Moya écrit son nom (1979/1989) - Moya marque de son nom des images anonymes (1990 /1996) - Moya apparait seul dans son oeuvre (1996 /1999) sous forme de personnage de bd mixé avec Pinocchio - Moya crée son monde en 2D (1999 /2007) - Moya Maitre du monde en 3D (2007/2015). Où l'on voit comment Moya a réalisé son rêve d'adolescent : devenir Tintin et non Hergé, La Joconde et non pas Leonard de Vinci … devenir une Créature (par le biais de son avatar) pour vivre à l'intérieur de l'Oeuvre.
L'art de Moya s'est virtualisé, comme l'a prouvé son livre de réflexion « L’art dans le nuage », tandis que le Moya Land virtuel est devenu réel par le biais de personnages virtuels imprimés en 3D !


12 Août 2015 - écrit par Denis Richard - Lu 309 fois



              


Réalisation du site : Agence Sonart